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LE PAYS LOBI :          Habitat traditionnel 
 
TYPE D'HABITAT
ARCHITECTURE
VIE INTERIEURE
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TYPE D'HABITAT
 

L'habitat, en pays Lobi, est un habitat dispersé. La population vivant en petits groupes, les concessions sont très éloignées les unes des autres, jamais à moins "d'un jet de flêche".

Une forteresse ?

Les Lobi vivent dans de grandes maisons ou "cuor" qui ressemblent à des fermes fortifiées. Sans fenêtres, elles ne présentent généralement qu'une seule entrée, étroite et basse.

La terrasse en terre battue repose sur de gros pieux en bois. Elle est bordée par un petit mur crénelé derrière lequel les combattants pouvaient s'abriter et tirer des flèches empoisonnées.

La maison ne comprend traditionnellement aucune dépendance extérieure. Les greniers se trouvent à l'intérieur et le bétail est rentré chaque soir dans le vestibul central. Mais avec la disparition des conflits armés et de la pratique de la vengeance, l'habitat a évolué et il n'est plus rare aujourd'hui, de trouver greniers, poulaillers ou parc à boeufs à l'extérieur.

Plutôt un sanctuaire

"La maison, occupée par le chef de famille, construite de ses mains en terre et sur la terre, est un sanctuaire. Il peut la modifier, l'agrandir, la démolir mais il ne peut pas la vendre. S'il la quitte, elle tombera en ruine et redeviendra terre."

Le chef de famille en est le prêtre domestique, assisté par sa première épouse, dont la chambre abrite la plupart des autels.

La maison lobi est donc une entité fortifiée, non seulement par sa forme, mais également par un réseau de liens métaphysiques tissé par des puissances spirituelles sacrées appelées thila.

Colombins et murs crénelés

Vue sur l'autel de la famille 

La terrasse reproduit le plan de la maison

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ARCHITECTURE
Construction

Le choix du terrain sur lequel un Lobi construit sa maison est fonction non seulement des rapports d'alliance qui autorisent le "prêtre de la terre" à donner en usage une parcelle, mais également de la réponse à des rituels destinés à détecter l'éventuelle présence de forces contraires, d'ordre matériel ou surnaturel. La première phase de la construction est confiée à un "traceur" qui a pour mission de tracer à la houe le périmètre de la maison, après avoir marqué d'un caillou l'entrée et enterré quelques éléments sacrés à l'emplacement du futur sanctuaire domestique.

Ensuite, la construction mobilise la collectivité : parents et voisins travaillent à l'élévation des différentes couches de la maison. Les murs sont en effet constitués de 5 ou 6 bandes de terre mélangée à de la paille et à des feuilles hachées, chaque bande mesurant environ 40 cm de hauteur. Les piliers en bois sont posés par les hommes tandis que les femmes s'occupent de damer le toit-terrasse.


Une maison-coquillage

La structure de la maison lobi rappelle celle des coquillages que l'on trouve dans le fleuve Mouhoun et qui présente deux surfaces superposées : l'une interne divisée en alvéoles, l'autre externe, reproduisant les mêmes subdivisions.

Ainsi la portion de terrasse située au-dessus de chaque chambre d'épouse et à laquelle on accède au moyen d'une échelle, est un espace réservé aux seuls habitants de la chambre. Cet espace est d'ailleurs délimité par un muret en terre. C'est là que, pendant la saison sèche, la femme dort avec ses enfants. Elle y fait également sécher ses récoltes personnelles et notamment le mil qu'elle achète au marché pour fabriquer la bière traditionnelle.







Des autels omniprésents

En visitant une maison lobi, on ne peut qu'être frappé par la multitude d'autels, de tailles et de formes variées, qui s'y trouvent... depuis les grandes structures en terre érigées en face de la porte, au fétiche-sentinelle placé sur le toit, en passant par les différentes poteries contenant les "médicaments" et les autels domestiques à l'intérieur des chambres.

  

Maison dégradée laissant apparaître les structures

Plan d'une maison Lobi
(cliquez pour agrandir)


Trou d'accès à la terrasse

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VIE INTERIEURE

 

Une "maison" est composée d'un chef de famille, de ses épouses et de ses enfants, des ménages de ses frères restés dans la maison paternelle et des ménages de ses fils qui ne sont pas encore émancipés.

Chaque femme dispose d'une chambre avec un foyer pour sa cuisine. Elle y entrepose toutes ses poteries vernissées dans lesquelle elle conserve ses "trésors" (cauris, parures, argent...). Les chambres des épouses ne communiquent jamais directement entre elles. Traditionnellement, le chef de famille ne possède pas de chambre personnelle. Il dort chez l'une ou l'autre de ses épouses, en principe à tour de rôle.

Le vestibule est l'espace masculin par excellence. Situé directement à l'entrée de la maison, il est parfois précédé d'une antichambre qui abrite les biens du chef de famille : instruments araires, bétail etc.

Au centre du vestibule est construit le grenier à mil principal qui s'ouvre sur la terrasse et qui est fermé par un toit en paille tressée. On trouve aussi les meules dormantes ainsi que l'autel des ancêtres agnatiques, dont le culte est le support principal de l'autorité du chef de famille.

A cet ensemble s'ajoutent souvent des greniers secondaires ainsi que de grandes jarres contenant les produits vivriers secondaires.

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Documentation :

- La maison lobi : le relevé, méthode et résultats - Giovanna Antogini et Tito Spini

- Les Lobi : Tradition et changement - Madeleine Père
- Organisation sociale des Lobi - Cécile de Rouville

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Poteries dans la chambre d'une femme

Grande jarre ovoïde

Echelle intérieure